L'unité et la diversité

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La commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai sera un moment important pour tous les Domiens, les Africains et les Français d’origine africaine subsaharienne. Cette affirmation n’exclut pas bien entendu les vrais humanistes et les défenseurs des droits de l’homme de ce pays.
 
 
La République reconnaît toute l’horreur que fut cette barbarie esclavagiste. Ce fut bien un crime contre l’humanité mais d’abord un crime contre l’Afrique. La traite négrière a en effet privé le continent noir d’une immense partie de ses forces vives. Le retard que « la mère de l’univers » accuse aujourd’hui en terme de développement s’explique en grande partie par la traite européenne. A cette saignée estimée à 20 millions de personnes sur près de quatre siècles, il faut ajouter les 17 millions d’Africains déportés par le biais de la traite orientale et transsaharienne. La colonisation remplacera le pillage des hommes par celui des matières premières.
 
Il faudrait lever les malentendus et les accusations tendant à faire croire que les Africains devraient eux aussi assumer leur part dans cette déportation massive d’êtres humains. En Afrique subsaharienne, la pratique de la capture des princes, des nobles ou des simples guerriers, lors des guerres, était bien sûr courante. Il était possible de les récupérer contre une rançon. Cela était généralement le cas pour les princes et les nobles mais les guerriers étaient le plus souvent abandonnés à leur sort. Les prisonniers vivaient librement parmi leurs vainqueurs. Certains captifs pouvaient devenir chambellans et se retrouver dans l’entourage direct du roi qui les avait capturés. Nous sommes bien loin des assertions de certains esprits ignorants ou mal intentionnés. Ce que les Européens ont introduit en terme d’exploitation inhumaine des Africains, dans le cadre du commerce triangulaire, ils doivent l’assumer seuls.
Nous n’oublions pas non plus l’esclavage pratiqué par les arabes à partir du VIII ème siècle qui a continué à Zanzibar jusqu’en 1964 et en Mauritanie jusqu’en 1988 !
 
Cette histoire, celle de l’Abbé Grégoire, de Louis Delgrès, de Solitude, de Toussaint Louverture, nous devons la transmettre à tous les enfants de la République et en commémorer les moments importants y compris le 23 mai, jour de résistance à l’oppression en Martinique (23 mai 1848), jour de dignité.
 
Cette force qui nous unit Domiens, Franco-Africains et Africains contre les injustices d’hier et les discriminations d’aujourd’hui, nous permettra d’écrire de nouvelles pages de l’histoire de France où notre diversité aura pleinement sa place.
 
 
 
Louis Mohamed SEYE 
Délégué National du PS, en charge de la Francophonie
 
 
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