Paris Métropole : un projet adopté par les élus Franciliens
La coercition n’a été employée jusqu’à présent par aucun gouvernement pour forcer les communes à coopérer, c’est pourtant ce que préconise le rapport Balladur pour 2013 au plus tard. Madame Alliot-Marie, quant à elle, aimerait que les intercommunalités soient achevées en 2011.
Or, les coopérations intercommunales ne se décrètent pas, elles se construisent patiemment. Chaque territoire a son histoire. La ville de Paris en est un exemple parfait ; elle qui a su retisser des liens avec ses voisines autour de projets fédérateurs et sans les écraser de son poids de Capitale mondiale.
Le Grand Paris de Nicolas Sarkozy
Le destin des Franciliens est évidemment lié aussi à celui du Grand Paris : le projet initié par le Président de la République. Il a retenu dix équipes d’architectes et d’urbanistes pour travailler sur l’élaboration de propositions sur le futur de la métropole. A cette mise en chantier du Grand Paris, il faut ajouter un redécoupage concernant les circonscriptions pour les élections législatives et une diminution des élus locaux régionaux et généraux ( avec la suppression des cantons). Les nouveaux élus représenteront à la fois les départements et les régions. C’est ainsi que la droite espère se maintenir au pouvoir. La création du Grand Paris rendrait nécessaire la dissolution de plein droit des communautés de communes et d’agglomérations territorialement compétentes dans les quatre départements de la petite couronne (à supprimer eux-aussi). Cette opération est sensée donner pleinement son rôle de « Ville Monde » à Paris.
Le vote d’une loi sur le Grand Paris sera organisé pour fin 2009 à la suite des conclusions de la Commission de la réforme territoriale (Commission Balladur) et des préconisations de Christian Blanc, le Secrétaire d’Etat chargé du développement de la Région Capitale. Ce dernier propose la création de la Société du Grand Paris chargée d'aménager la métropole et de mettre en place le métro en rocade automatique (Arc'express). L'originalité, c'est un droit de préemption accordé à la SGP sur un périmètre de 1,5 km autour des gares desservies par le métro. Les maires seraient donc «&nbs p;dépouillés » d'une prérogative issue du suffrage universel. Autre scandale : la majorité a décidé également de reverser les actifs du STIF à la RATP. Le Gouvernement et sa majorité devront toutefois tenir compte d'une certaine résistance du Sénat -qui compte de nombreux élus locaux- et de l’avènement du syndicat d’étude mixte ouvert Paris Métropole qui a pris une place prépondérante dans le devenir de la région francilienne. Pour Paris Métropole dont le président est Jean-Yves Le Bouillonnec, le Député-Maire de Cachan : « La compétitivité économique et la cohésion sociale et territoriale sont liées, les enjeux d’équité, de solidarité, et de répartition des richesses côtoient ceux du développement durable et de protection de l’environnement qui doivent servir une urbanisation apaisée et harmonieuse. »
Le Président de la République déclarait le 29 avril : « Le Grand Paris, nous devons l’écrire tous ensemble avec le Gouvernement, avec tous les élus de l’Ile-de-France et tous les Franciliens ». Il reste au Gouvernement à prouver sa bonne foi en arrêtant de bloquer le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France).
Il est patent que l'aire métropolitaine est bien l'échelle la plus pertinente pour r égler les problèmes de transports, de logement, d'aménagement du territoire, de développement économique, de développement durable. Cela personne ne le conteste. Il reste à mettre en place une gouvernance qui respecte les élus et la démocratie.
Paris Métropole : un projet alternatif
Les Assises de la métropole du 25 juin 2008 ont permis que soit proposée la création d’un syndicat mixte ouvert d’étude Paris Métropole ou seraient regroupées les collectivités territoriales franciliennes et les organismes consulaires. Ce projet alternatif à celui de Nicolas Sarkozy s’est concrétisé le 10 juin à Clichy-sous-Bois. 93 collectivités territoriales de l'Ile-de-France ont installé le syndicat. C'est l'opportunité aussi de rappeler la place de la région dans le Bureau de Paris Métropole : le Président du Conseil régional, Jean-Paul Huchon en est l'un des Vice-Présidents. L'avenir de la région Francilienne se conjuguera avec la Région.
La nécessité d’une coopération renforcée entre Paris et les collectivités territoriales franciliennes s’affirme de plus en plus en matière de logement, de transports, de développement économique, de développement durable par exemple. Les besoins de nouvelles solidarités financières et fiscales pour=2 0corriger les écarts de richesse apparaissent aussi clairement.
Bertrand Delanoë a pris un peu d’avance dans la réflexion grâce à la mise en place de la Conférence métropolitaine en 2006.
Les maires et les présidents des départements franciliens ont apporté de la crédibilité à la démarche par leurs expertises dans la gestion des territoires. A tel point que la région Ile-de-France a souhaité tout comme l’ensemble des acteurs la formalisation de cette structure informelle. La Conférence métropolitaine est devenue le « syndicat mixte d’étude ouvert : Paris Métropole ». Il s’agit d’une conférence des égaux où chaque commune est respectée, par rapport à la vision du gouvernement qui s’appuie sur des stratégies de contournement pour s’emparer de collectivités territoriales mises en place démocratiquement. Une force qui semble donc incontournable pour le pouvoir en place et un contrepoids efficace pour juguler les appétits de Nicolas Sarkozy concernant la région Ile-de-France.
Le syndicat Paris Métropole invite les élus franciliens : « Enrichis de nos différences, nous formons le voeu que d'autres collègues viennent, eux-aussi, porter avec nous les atouts et les besoins de leur collectivité, la parole de leurs habitants, leurs idées et leur contribution pour imaginer et faire avancer la métropole de demain ». Nous trouvons cette perspective somme toute exaltante.
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