La diversité dans les élections politiques en France

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Pour devenir député, mieux vaut ne pas être
une femme ou être issu de la diversité

 
 
 
 
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L'ouverture était timide : le PS présentait au premier tour vingt "candidats de la diversité" issus de l'immigration ou de l'outre-mer et l'UMP sept. Et, loi sur la parité aidant, les partis ont accordé leur investiture à une proportion de femmes plus importante que par le passé. Pour déterminer si ce volontarisme a été payant électoralement, Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département Opinion publique de l'IFOP, a mesuré les différences de scores entre ces candidats et leurs homologues aux profils plus classiques. Manifestement, note-t-il, "le score obtenu par leurs sortants est identique qu'ils soient hommes ou femmes". Le score moyen d'un sortant UMP est en effet de 46,9 %, celui d'une sortante du même parti de 47,1 %. Pour le PS, le score moyen d'un sortant est de 38,5 %, pour une sortante de 38,1 %.
 
 
 
 

La colère d'une candidate socialiste issue de la diversité
"Si le 18 juin, Nicolas Sarkozy félicite pour son élection ne serait-ce qu'un seul député UMP issu de la diversité, il écrira une page de l'histoire (...). Il sera celui qui a accepté une diversité émancipée, en voyant en elle des citoyens égaux et également admissibles à toutes les places sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents", écrit à François Hollande Chafia Mentalecheta, dissidente PS malheureuse dans le Puy-de-Dôme. Elle reproche au premier secrétaire d'avoir "ménagé la chèvre et le chou : désignation par les militants pour les uns, cooptation et parachutage pour les autres".
 
En revanche, l'écart entre hommes et femmes est manifeste pour les candidats se présentant pour la première fois. A l'UMP, un candidat non sortant obtient en moyenne six points de plus qu'une candidate du même parti (37,3 % et 31,3 %)... L'écart existe également en faveur des candidats hommes au PS et au PCF, même s'il est moindre, de l'ordre de deux points. Peut-être ce moindre écart est-il lié aussi à un investissements militant plus long des femmes à gauche avant d'être candidates, alors que les primo-candidates UMP sont souvent moins chevronnées que leurs homologues masculins. Pour le MoDem et le FN, il n'y a quasiment pas d'écart entre le résultat moyen enregistré par les candidates et celui des candidats, l'étiquette politique primant sur la personnalité ou le sexe.
Les femmes se plaignent souvent de se voir attribuer des circonscriptions plus difficiles que celles des hommes. Mais si l'on compare les scores des candidats de chacun des deux sexes en 2007 à ceux obtenus par le parti lors des législatives de 2002, "il ne semble pas, dans le cas de l'UMP, remarque-t-il, que les circonscriptions "réservées" aux femmes aient été intrinsèquement moins favorables à ce parti puisqu'en moyenne le résultat de 2002 était identique dans les deux types de circonscriptions. C'est un peu plus vrai en revanche pour le PS qui faisait, en 2002, en moyenne deux points de plus dans les circonscriptions où des hommes ont été présentés que dans celles où ce sont des femmes qui ont porté ses couleurs en 2007". "Ce décalage de deux points correspond à celui observé précédemment entre le score moyen des candidats et celui des candidates PS en 2007. Tout se passe donc comme si cet écart hommes-femmes en 2007 provenait pour le PS d'abord de "la nature du terrain" des circonscriptions."
En ce qui concerne les candidats dits de la diversité, leur nombre réduit a compliqué la comparaison. "Les vingt candidats (du PS) issus des minorités, tous non sortants, ont obtenu un score moyen de 17,9 % au premier tour, à comparer avec les 24,2 % des 391 candidats socialistes non sortants non issus des minorités, écrit M. Fourquet. On pourrait penser de prime abord que cet écart important de plus de six points s'expliquerait par le fait qu'un certain nombre de candidats de la diversité aient dû affronter des dissidents dans leur circonscription. Cela s'est produit dans quatre cas sur vingt, ce qui n'est pas négligeable et ce qui montre que ces candidatures ont parfois été mal acceptées." Dans trois de ces quatre circonscriptions, le dissident est arrivé devant le candidat officiel issu de la diversité.
Mais, même lorsque l'on isole les seize circonscriptions où se présentaient des candidats issus de la diversité sans dissident, leur score moyen s'établit à 18,4 %, soit toujours un différentiel de près de six points avec les autres candidats socialistes non sortants et non issus de l'immigration.
Ces candidats se voient-ils donc attribuer des circonscriptions plus difficiles ? Même comparaison avec 2002 et constat frappant : le score du PS en 2002 atteignait seulement 11,2 % en moyenne dans les vingt circonscriptions où ont été investis pour 2007 des candidats de la diversité contre 16,2 % (soit cinq points de plus) dans les 391 autres circonscriptions où les candidats socialistes étaient cette année non sortants et non représentants de la diversité. "Aux prises parfois à des dissidents bien implantés, conclut l'IFOP, les candidats socialistes issus de la diversité ont donc dû de plus faire face à un terrain électoral moins favorable."
Raphaëlle Bacqué
Article paru dans l'édition du 15.06.07. Elections 2007 : Le Monde


L'exemple de l'élection de notre camarade George PAU-LANGEVIN  dans la 21ème circonscription à Paris a fait mentir en partie cet article. il ne tient qu'à nous de  perpétuer cela et d'en faire une résucée.
Aidons nous à nous aider!
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koffi jean Adoléhoumé
EQUITE (Paris)
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Publié dans La revue de la presse

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